Je reste à la baraque, car hier soir j'ai encore piqué une drôle de crise de palu.
Je reçois les papiers de pupille de la nation et de veuve de guerre.
Je vais à la visite, mais je dois me faire faire une prise de sang le 23.
Le courrier marche excessivement mal, j'écris chez Jaspa pour commander des chaussures.
Je vais au PC faire l'instruction des chauffeurs sur le poste de campagne S.C.R. 528.
Cela me prend toute mon après midi.
Nous touchons cigarettes dont 6 paquets de Gauloises.
Je réussis à avoir une capote américaine toute neuve.
Je travaille maintenant au latéral.
Le début est assez dur mais je m'y mets bien.
J'ai acheté l'appareil photographique à Damien, 50 piastres.
J'achète de jolies fourragères, je demande des pellicules par avion, chez nous.
C'est terrible ce que l'on s'ennuie ici, il pleut toute la journée.
Pas un rond dans la poche.
Je ne sors pas, je n'ai même pas le courage d'écrire.
Enfin le soir je me décide, j'écris chez nous.
Je remplace Borne comme instructeur aux radios B.
Le 5ème escadron doit monter sur Cao-Bang ces jours-ci.
Je vais à la prise de sang.
L'après midi, j'installe une ligne haut-parleurs au Fourrier.
Résultat de la prise de sang : « ??? ».
J'irai donc m'en faire refaire une dans un mois.
Toujours très peu de courrier, j'écris à André, Simone, Jacquie D. et chez nous.
Je reçois juste une lettre de chez nous.
Elles m'ont envoyé un colis par avion le quinze.
Nous touchons la solde, le soir André, Chocolat et moi au « Fins Gourmets »
Allons au ciné l'après midi, puis le soir, boum ! On y retourne.
Puis Meynier et moi allons à la Philai se taper une bouteille de Champagne.
Je vais chercher Borne.
On rentre à une heure du matin, bourrés.
Gueule de bois !
Le soir, on va à la Philai avec le chef Borne, sa future petite femme et sa belle soeur et une camarade Cécile.
Après l'opération Lea, le conflit s'est enlisé dans une guerre de stagnation. Les français étaient dispersés dans les nombreux postes de sécurité.
Le Vietminh en profite pour mener alors la "guerre des routes" à la frontière de Chine, qui consistait à multiplier les attaques contre les petites garnisons ou les convois de ravitaillement.
Les Routes Coloniales, RC 4 et RC 3bis seront surnommées les "routes des tueries".
Samedi 27 : Le soir André, "Chocolat" et moi aux "Fins Gourmets".
Interdits avant 1947, les effectifs africains s'élevaient à 5 014 en 1948, jusqu'à 19 434 en 1951.
La station Scr-528, d'un poids de 75Kg., fonctionnait sur la batterie du véhicule, 12 Volt. FM, 20-28MHz, IF 2.65MHz, écoute simultanée en continue sur 10 canaux. [PDF]
Vendredi 19 : J'ai acheté l'appareil photographique à Damien, 50 piastres...
Je demande des pellicules par avion, chez nous.