Le matin, j'écris à Michou, après la lecture au son, qui dure toute la journée.
Cet après midi, je vais chercher mes shorts qui me coûtent 80 piastres et je commence la construction d'une petite table pour mettre mes affaires.
Ce soir j'écris à Marcelle et je vais me coucher.
J'écris à Marcelle, l'après midi.
Vers cinq heures, nous apprenons officiellement le déplacement du régiment pour le 15 septembre.
Vers cette date nous devons partir.
Pour où ?
Peut être sur Langson, à la frontière de Chine ou sur Hue-Nanc-Dim.
J'abandonne la construction de la petite table.
Aujourd'hui, distribution de cigarettes : Gauloises, un morceau de savon et du chocolat, puis distribution de courrier, mais hélas, encore rien.
Une semaine de plus à attendre.
Aujourd'hui, je suis de vacation.
Le matin, cela peut aller, mais le soir, grande rage.
Bogaert me fait une feinte : Etant à 6 BN il me passe à 1500 !
J'apprends que je suis affecté sur le scout 552 pour les opérations.
Il parait que c'est le plus mauvais chauffeur du P.C. et comme chef de voiture : un adjudant-chef.
Nous devons nous rendre à Langson où le P.C. doit rester donc les transmissions aussi.
La date du départ n'est pas encore fixée.
Le soir j'écris à Dédé et je prends ma garde de neuf heure à minuit.
Toujours pas de courrier.
Nous installons le matin les postes sur les Jeeps et les scouts-cars.
Je commence par faire laver tout mon linge.
J'aime autant me tenir prêt !
L'après midi, installation de châssis sur le scout, pose de basmats sur Jeep.
Aujourd'hui, Bouillestec se fait vider des transmissions et est affecté au P.C. (service général).
Le soir j'écris chez nous et vais me coucher.
J'expédie mon colis.
Tout le matin, nous n'avons rien à faire.
Je monte dans la chambre, et me fait piquer par le chef Illet.
J'en sors avec cinq jours de surveillance de soupe.
Nous recevons la visite de André et Durand qui redescendent de brousse.
Ils viennent former le commando du régiment.
L'après midi nous allons au P.C. démonter des châssis au 193.
Le soir nous rencontrons Durand et nous allons boire un coup, deux coups, ça commence par bien faire...
Il a tout vu, tout fait.
Je vais aller prendre une douche, car j'ai bossé et je suis sale.
Puis j'écrirais à Micheline, et irai me coucher.
Je croyais aller me coucher hier soir, mais André étant venus nous voir, nous avons été au B.M.C..
Je suis monté et ensuite nous avons bu pastis sur pastis, si bien que je suis rentré "azimuté à zéro"!
Sur un pari de Pernot, je pisse au milieu de la chambre.
Ce matin, gueule de bois n°1.
Nous continuons la pose de châssis.
Voilà déjà huit jours qu'il pleut.
Changement d'affectation, il parait que je ne suis plus sur le 552, c'est Hervé.
Quel soulagement !
Ce soir je voulais sortir mais je vais écrire, et à minuit, je suis de garde : je remplace Guyot.
J'écris à Michou.
Ce matin, j'essaie de bricoler ma montre, mais évidemment, après avoir bricolé pendant une heure, j'arrive à ne plus la faire marcher du tout !
Je l'expédierai chez nous.
Aujourd'hui, je ne veux pas sortir.
Je vais écrire, car je suis en retard dans ma correspondance.
Il fait un beau soleil, sans pour cela faire trop chaud. On se croirait au printemps en France.
...
Hélas, il me restait 60 piastres et nous sommes sortis avec Richard.
Nous avons été au cinéma voir L'inévitable M. Dubois avec André Luguet et Annie Ducaux.
Enfin ce soir, je suis décidé à écrire.
J'écris à Marcelle.|
Haiphong, est le grand port de notre conquête, c'est par là que tout voyageur doit passer, pour se rendre au coeur du Tonkin.
Bâtie au point de convergence du réseau fluvial, Haiphong est une ville maritime, bien que située à 32 km de la mer.
C'est le principal centre de transit de la région et l'entrepôt de la colonie pour toutes les marchandises d'Europe et de Chine (céréales, charbon, ciment, zinc, etc.)
Haiphong est une ville neuve, une création de l'administration française. Ce n'était encore qu'un village dans les marécages qui fut cédé par les Annamites, aux français, en 1874, vingt ans plus tard, la ville compte déjà 15 000 habitants et 100 000 en 1937.
Assainie et embellie de confortables habitations, bâtiments publics et voies de circulation ombragées, Haiphong est le siège d'un tribunal civil, d'une chambre de commerce et d'une succursale de la Banque de l'Indochine.
Le marché en fer, les nombreuses écoles et hôpitaux contribuaient à lui donner les apparences d'une cité européenne.
Le marché en fer (fond personnel)
"l'Atlas Colonial", "Le Tonkin en 1900" et "Le port de Haiphong, 1937". Belleindochine.free.fr
Mardi 2 : "Aujourd'hui, distribution de cigarettes : Sept paquets dont quatre de Gauloises."
L'inévitable Monsieur Dubois: Drame, 1942, de Pierre Billon, avec Annie Ducaux et André Luguet.