Haïphong

Février 1949

Mercredi 2 :

Je vais à la Conquête.

Enterrement d'un type du 4e, tué à Lexa, balle à la tète.

Dimanche et lundi, ai reconnu une Spinalienne.

Jeudi 4 :

Le Lt Blanchot, Cdt le 3e escadron est blessé.

Lt Giraud, blessé gravement.

Trois soldats blessés.

Le poste de Vanthaï est enlevé.

3 disparus dont un type c/c 36 mois de séjour.

Nos nominations sont, parait-il, refusées.

Mathieu qui était accroché ne passe même pas.

J'ai compris ce que c'est la "Coloniale".

Dimanche 6 :

Abrecht du 5e, blessé gravement dans les reins.

Je n'y comprends plus rien, nos demandes de nominations ne sont, parait-il, pas revenues du PC.

C'est le grand cirque.

Enfin, attendons sans se faire d'illusions.

Lundi 7:

Je retourne au dentiste.

Du mardi 8 au dimanche 20 :

Le train saute plusieurs fois, le 18, il est fortement attaqué.

Nous partons escorter un train de rapatriables.

Blancgonnet doit embarquer ces jours-ci.

Le 20, le radio Fabres est blessé à l'épaule.

Patrouille de nuit.

Lundi 21 :

Je fais une demande de rengagement d'un an.

Bac de Cum

Samedi 26 :

Nous partons en opérations.

Personne ne sait pour combien de temps.

Il est quatre heures, lorsque 9 GMC du RICM nous emmènent vers où ?

Nous passons Kienan, plusieurs postes et arrivons au dernier poste avant la zone viet.

C'est le poste du bac de Cum, tenu par le 23e RIC.

Nous y passons la nuit.

Vers trois heures un poste installé à 2km se fait tâter sérieusement, deux blessés.

Nous ne dormons pas.

Dimanche 27 :

4 heure du matin, nous embarquons sur un L.C.T. 1139.

A nous, se joignent de la légion, des marocains (le 5e RTM) du génie et des fusiliers marins.

A sept heure, tout est prêt, nous partons.

Nous naviguons jusqu'à dix heures, toute la rive est déserte.

Personne n'est encore venu dans ce pays.

Tout à coup, nous allons accoster...

L'artillerie du LCT se met à cracher, le bofor, les canons de 20 mm, les 50, les 30.

Les LCT accostent, leurs portes s'abaissent, les types foncent...

Mais nous, le RICM, nous ne débarquons pas là.

Nous naviguons encore une heure, puis c'est à notre tour de débarquer.

Qu'allons nous trouver devant nous ?

Chaque type connait sa position, sur la berge, pas un coup de fusil.

Le premier village est atteint, là, faible résistance.

Dumont descend son premier gniaq qui lui avait lancé une grenade qui n'éclate pas.

L'avance continue...

Je travaille avec un R19 anglais.

Rude accrochage à 6 heure, à 8, nous arrêtons.

Vinh Bao

Lundi 28 :

Le matin, le 5e R.T.M. se fait drôlement accrocher, 3 tués et 2 blessés.

L'après midi, d'une ile en face de nous, l'ile de Thai Lan, les viets nous allument au FM et à l'Hotchkiss.

Les 105 répondent ainsi que nos 50.

Les 105 tirent comme des ??, on voit les viets qui sont à 500 metres, environ.

Les commandos marins débarquent dans cette ile mais sont forcés de se replier.

Ils sont drôlement costauds les gaillards. Ce sont des réguliers.

A 6 heure, ils recommencent à nous arroser.

Une rafale tombe à moins de 10 metres de nous.

Les 105 recommencent à tirer.

Je crois qu'ils ont bien tiré car on nous laisse tranquille de ce coté.

A 6 heure 30, après une vache résistance, le RICM entre dans Vinh Bao.

Il y a des macchabées partout, on apprend que le R.T.M. a dénombré 32 tués, a récupéré un FM et un fusil.

A Vinh-Bao nous en comptons 28.

Les prisonniers viennent grossir le nombre.

C'est un vrai massacre.

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Le Landing Craft Tank (L.C.T.)

lct-en-charge

Dimanche 27 : "4 heure du matin, nous embarquons sur un LCT 1139".

LCT : Landing-Craft-Tank

Dimensions : Longueur : 57 m ; Largeur : 11.80 m ; Tirant d'eau AR : 1,2 / 1,5 m. ; pleine charge : 500 t.

Armement : 1 canon de 40 mm Bofors, 4 canons de 20 mm ;

Motorisation : deux diesel Gray-Marine - 1000 cv ; Vitesse max : 8 / 10 nds ;

Les LCT sont de grandes plate-formes flottantes, très plates et très larges, avec un bloc passerelle à l'arrière. C'est le plus grand des "chalands" de débarquement. Sa charge utile est celle d'une douzaine de camions GMC classiques, selon la définition de la charge utile comprise en Indochine.

Les mouvements de chargement, ou déchargement, se font par l'arrière à l'aide d'une "rampe de débarquement", de près de 4 mètres de large, "porte" dont la charnière horizontale est située au niveau de la flottaison. Le LCT "beaché", abat sa porte sur la berge et libère son chargement.

Le LCT. Mk. 4 est apparu dans les flottilles en mai-juin 1946, il a été de plus en plus apprécié au Tonkin, pour sa capacité de transport, son tirant d'eau modéré et sa robustesse bien qu'on lui ait parfois reproché de ne pas pouvoir faire demi-tour dans certains rachs trop étroits. Le nombre de LCT. Mk. 4 en service est passé de quatre en 1946-47 à treize en 1954.

source internet

insigne-lct

En opérations...

souvenir de petrouille

"En souvenir de la marche sur Nim-Giang"

5ème RTM

insigne-rtm

«Sans Peur et sans Faiblesse»

Hotchkiss

Hotchkiss

La mitrailleuse Hotchkiss Modèle 1914 était la principale arme automatique de l'armée française pendant les dernières années de la 1ère Guerre mondiale.

Mise au point en France à partir d'un brevet austro-hongrois d'arme automatique à gaz, elle fut fabriquée à 65 000 exemplaires, à St-Denis et à Lyon par les établissements Hotchkiss et Cie.

Composée de 30 pièces ce qui rend son démontage aisé et rapide, elle peut être utilisée sur trépied, et est alimentée par des bandes rigides de 24 cartouches ou articulées de 250 cartouches.

Robuste et d'un fonctionnement sûr, même dans des conditions difficiles de combat, la mitrailleuse Hotchkiss était toujours en activité lors de la guerre d'Indochine,

Poids : 25,3 kg. non chargée, 52 kg chargée, avec affut. Munitions : 8 mm Lebel. Longueur : 1,31 m. (canon 78 cm.) Portée : 2 400 m / max. 4 500 m ; 400 à 500 coups / min. [wiki]

Chant du Marsouin

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(Sur l'air du Gardian)

" C'est le chant d'un Marsouin d'Indochine, il a fait son devoir jusqu'au bout.

Terminé de prendre la Quinine et puis d'attrapper le coups de bambou.

La Dia, les bateaux sont là... "

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