Le matin, je prends ma deuxième vacation. Je commence à faire de sérieux progrès.
Nous installons un poste sur scout.
Nous apprenons la date du départ, samedi 13 septembre, par bateau. Mais nous n'avons toujours pas nos affectations.
L'après midi, nous percevons 200 cartouches supplémentaires ce qui m'en fait 400, ensuite nous touchons deux pansements individuels.
On parle de nous payer jeudi. On doit débarquer vers la frontière de Chine.
Je commence par préparer mes affaires. Le soir : vacation.
Nous mangeons de plus en plus mal, le pain à dix.
Aujourd’hui, un mois éxactement que nous sommes en Indochine.
Ce matin nous avons nos affectations : Je ne suis plus sur un scout, je pars par la route avec les dépanneurs et les filistes.
J’aime autant.
Le soir, grand cirque, je vide les lits de Richard et Pernot qui m’ont vidé le mien. J’écris chez nous.
Nous ne savons pas au juste la date du départ.
Aujourd’hui nous avons la visite d’André, il a écrit deux lettres à Monaco.
Ce matin de nouveau contre-ordre : Je suis affecté sur un scout 596 avec un BCR 245.
C’est un très bon chauffeur. Donc, je pars samedi.
Ce soir le scout de Grimaud saute sur une mine, juste un blessé léger, c’était un 155 piégé.
L’après midi, je pose mon poste mais je n’ai pas de boulons.
Je n’ai pas écrit aujourd’hui car je croyais que le courrier allait arriver et comme j’espérais en recevoir, j’aurais fait réponse.
Nous touchons de nouveau une culotte qui me servira de culotte de sortie.
Toute la journée je travaille comme un nègre après mon scout.
Malheureusement, je suis tombé sur un scout sans démarreur.
A chaque fois qu’il cale le moteur, il faut le remorquer.
Le soir, mon poste prend de l’allure, je dois le rachever demain matin.
Avec Richard, nous faisons une belote et je vais me coucher.
Le matin, je suis de garde de 3 à 6H. je vais donc au jus à l’E.H.R.
Je reçois trois lettres, les premières depuis deux mois et demi.
Depuis que je suis parti de France, bien des choses se sont passées :
J’apprends ainsi la mort de Mme Goubillaud, des suites de l’accident de Dédé, avec son camion.
Georgette n’a pas l’air d’aller trop bien, mais elle ne me dit rien.
Maurice frappe maman.
Marcel est rentré...
Je reçois aussi une lettre de Michou. Son père est au courant de notre correspondance...
Je rachève mon poste qui marche très bien maintenant.
Le soir nous allons au cinéma avec Richard et Tien-Khin, voir Le révolté.
L’après midi, j’ai fait une lettre de huit pages chez nous.
Ce matin, grande joie, je reçois 9 lettres :
3 de chez-nous, une de René Fluck, une de Piccio, une de Marcelle et deux de Michou et une de Andrée N., aussitôt, je répond à Michou.
L’après midi, grand cirque ! Nous déménageons tous les meubles, demain matin, nous rendons les lits donc nous avons de grandes chances de partir demain soir.
Nous touchons la paye, 214 piastres. J’en mets 140 de coté.
Je fais des achats : une paire de lunettes, des savonnettes et un crayon.
Le soir, je répond à Marcelle.
Je réponds à Marcelle, chez nous.
Nous rendons notre couchage, l’après midi nous embarquons les sacs marins dans les scouts.
Nous arrivons à Cam Pha-Port lundi soir à bord d’un Liberty ship.
Nous débarquons mardi matin dans un sinistre bled.
Nous campons sur le stade.
Nous montons et remontons notre tente.
Nous ne savons encore pas quand nous devons partir.
Aujourd’hui je vais écrire sur mon scout, chez moi et à Michou car j’ai reçu sept lettres cette semaine.
Nous crevons de chaud le jour et de froid la nuit.
Rien de sensationnel, sauf un violent typhon qui ravage tout.
Nous passons une nuit terrible, la tente est emportée, nous sommes tout mouillés.
Un type reçoit une cheminée sur la tète.
Les opérations commencent bien, deux types se noient, dont un de la 4 et un nouveau débarqué.
Deux jours après, un nouveau se tue avec sa Thompson…
Nous ne savons encore pas quand nous devons partir.
A midi, nous quittons enfin ce pays : deux scouts, le mien, celui de Toto, le G.M.C. des transmissions.
Nous attendons un bon moment au bac de Mon-Duong.
Le G.M.C. des trans’ passe devant nous, au moment d’accoster, la remorque se renverse dans la rivière.
Tout est mouillé mais tout est sauvé!
Enfin nous continuons et arrivons au bac de Than-Tri où nous passons la nuit dévorés par les moustiques.
Nous passons seulement à 11 heures, traversons une végétation luxuriante et arrivons à Dinh-Lap.
Nous couchons par terre.
Nous nous installons, montons la tente, nous deux, Lebégou.
Nous restons jusqu’au 7 octobre.
Le 3, nous touchons la paye.
Sorti des usines en 1938, le Scout-Car White était utilisé comme véhicule de reconnaissance. Il était doté d'une mitrailleuse 50, à l'avant, et de deux "Browning 30", montées sur rail, sur les cotés.
Le Scout Car pouvait être équipé d'un poste radio SCR 506, 508 ou 510 avec une embase d'antenne montée sur un mat à l'arrière.
En savoir plus : Le Scout-Car M3A1 White
Dès 1946, le système des B.M.C., bordels militaires contrôlés par l'armée, devint la solution privilégiée par l'Etat Major.
Les pensionnaires étaient soumises à deux visites médicales par semaine. Les uns étaient fixes, attachés à une base ou à une localité, d'autres appartenaient en propre à une unité.
Certains se déplaçaient de poste en poste. La régularité de sa venue était déterminante pour le moral des troupes. On fit bientôt venir des femmes d'Afrique avec les engagés d'Afrique (AOF-AEF). Le plaisir du soldat en Indochine (M. Bodin)
Mercredi 10, Jeudi 11 : "Je suis affecté sur un scout 596 avec un BCR 245. Je suis tombé sur un scout sans démarreur, à chaque fois qu’il cale, il faut le remorquer."
Vendredi 12 : "Je reçois trois lettres, les premières depuis deux mois et demi..."
Le révolté (San Quentin), film d'action américain (1937), de Lloyd Bacon, avec Pat O'Brien et Humphrey Bogart.
Jeudi 26 : Le G.M.C. des trans’ passe devant nous, au moment d’accoster, la remorque se renverse dans la rivière.
Le Commandant : Casanova,
Le Capitaine : Frankenstein,
Ss-Off' : Les loups entre eux,
2e Classes : Les Misérables,
etc...