Bac-Kan

Décembre 1947

Dimanche 14 :

J'écris à René.

Il fait un froid formidable, nous restons tous au coin du feu.

Les types de la 4 attendent toujours leur départ.

Les commandos doivent faire mouvement demain, on va revoir des copains.

Le matin, un convoi et la patrouille d'ouverture se font accrocher dans le col de Dao-Giang pendant au moins 4 heures.

Les viets prennent une 30 et une Jeep.

Nous avons une quinzaine de blessés.

Lundi 15 :

Aujourd'hui, le 3ème part en reconnaissance sur Cho-Moï.

J'écris à Marcel.

Le chef nous vend des cigarettes. J'en achète 3 paquets.

Aujourd'hui, on enterre un sergent algérien, tué hier dans le col de Dao-Giang.

Mardi 16 :

Je vais écrire chez nous. Encore une crise de dysenterie.

Cette nuit nous avons été tâtés au FM japonnais.

Nos 50 ont répondu pendant 10 minutes.

Cet après midi, Bruno et l'autre de l'E.H.R. reviennent. Ils se sont évadés le 11.

On peut dire qu'ils reviennent de loin !

Nous touchons le ravito.

J'écris à M. Bass et chez nous.

Mercredi 17 :

Il fait un froid terrible, on y gèle littéralement, surtout à la salle d'écoute, la nuit.

Hier soir, Mathieu nous a lu nos notes.

Pour tous elles sont bonnes, mais pour Huet, ça dépasse tout, c'est dégueulasse de voir cela, être rampant à un tel point.

Avec de pareilles notes, il est sur de passer Cabot-chef.

C'est honteux, je comprends de plus en plus ce qu'est l'armée.

Mathieu est un salop !

Nous touchons la paye, 24 piastres.

L'après midi, je reçois 4 lettres de chez nous et une de Micheline, mais elles ne reçoivent toujours rien de moi.

Jeudi 18 :

La 4 passe la visite aujourd'hui et doit partir dans quelques jours.

Nous travaillons comme des nègres après la cheminée.

Finalement dans l'après midi nous pouvons faire un bon feu et il fait très bon dans notre chambre.

Les commandos sont partis de Cao-Bang.

Vendredi 19 :

La nuit dernière les viets viennent encore nous tâter, sans résultats.

Les types de la 4 rendent leur équipement, nous mangeons un peu mieux.

Samedi 20 :

Le convoi part officiellement de Cao-Bang ce matin.

Aucun fait important de la journée.

Nous sommes bien dans notre petite chambre, nous y faisons un bon feu.

Ce matin nous allons chercher du bois sur la route de Cho-Moï.

Dimanche 21 :

Le scout étant en panne cette nuit nous ne pouvons trafiquer.

Huet, ce sale mouchard, nous rapporte d'où un drole de savon par Illet mais qui néanmoins est le bon type.

Le convoi roule vers nous.

Je vais écrire à Michou.

Lundi 22 :

Les commandos arrivent, je retrouve André et tous les copains, ça fait plaisir.

Je me débrouille pour le faire venir ici aux trans.

Mardi 23 :

Le Sgt Girold, Mathieu, le cabot, Michou, Ferrel et deux autres sont affectés chez nous.

Le Lt se débrouille pour André.

Dans l'après midi nous prenons une cuite avec Delcron et Huet, nous allons à la chasse puis le soir nous remettons cela.

Je reçois une lettre de Andrée qui m'a envoyé un petit colis de friandises le 2 décembre.

Je vais quand même me décider à écrire.

Nous touchons le ravito mais moins que d'habitude.

Mercredi 24 :

Nous touchons pour Noël, un paquet de cigarettes Philip Morris, 10 grammes de chocolat et une paire de bouteilles plus deux pacific pour vingt.

Le soir arrive, vers 11 heures Huet bourré vient me chercher avec Stall et Michou.

Nous montons boire un verre, mais arrivé la haut, il commence à saisir sa carabine et tire vers le boy sans le toucher.

Je le désarme, puis voyant le cirque que tout le monde faisait nous redescendons, nous deux, avec Michou, où nous finissons notre petite fête tous ensemble.

Jeudi 25 :

Huet est arrêté le matin, j'aurais mieux fait de rester à la maison que de sortir avec lui.

Vendredi 26 :

L'après midi nous sommes interrogés.

Je raconte textuellement comment cela s'est passé.

Je suis drôlement embêté. Enfin je n'y suis pour rien, Richard est blessé.

Samedi 27 :

Nous recevons du courrier. J'en ai trois, une de chez nous, une de Maurice et Marcel.

Qu'est ce qu'ils me sonnent.

Dimanche 28 :

Je reçois deux grandes lettres de chez nous.

Elles ont reçu mon mandat, elles m'envoient deux gros colis.

Ces deux lettres me remontent le moral.

J'en reçois une de monsieur Bass et deux de Andrée.

Micheline a cassé, bon débarras.

La marraine du Cantal m'envoie un coli.

Lundi 29 et mardi 30 :

L'après midi nous allons à la pêche avec Girold et André, à la grenade.

Le soir je vais avec Girold manger chez les boulangers.

J'apprends que je suis Caporal-chef.

En rentrant, je m'aperçois qu'il n'y a guère de camaraderie.

Tout le monde est jaloux, mais je m'en moque.

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Précipitations et températures

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Notes trimestrielles

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Mercredi 17 : Hier soir, Mathieu nous a lu nos notes.

Pour tous elles sont bonnes, mais pour H., ça dépasse tout, c'est dégueulasse de voir cela...

Avec de pareilles notes, il est sûr de passer Cabot-chef. C'est honteux...

Ndlr : Le dénommé H. , ne jouira pas longtemps de ses bonnes notes, en effet quelques jours plus tard, le soir de Noël, pris de folie et d'alcool, il tire sur un coolie...

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Mercredi 24 : Le soir arrive, H., bourré commence à saisir sa carabine et tire vers le boy sans le toucher. Je le désarme...

1/4 des inaptes ou caractériels étaient des éthyliques ce qui, avec certaines fièvres, aggravait les confusions mentales. Un grand nombre d'homicides et de tentatives de meurtre avaient lieu lors d'accès de violence.

M. Bodin

Cigarettes

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Lundi 15 : Le chef nous vend des cigarettes. J'en achète trois paquets.

Pour Noël

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Mercredi 24 : Nous touchons pour Noël, un paquet de cigarettes Philip Morris, 10 grammes de chocolat et une paire de bouteilles, plus deux Pacifics pour vingt.

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Deux Pacifics pour vingt !

Lettres de chez nous

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Dimanche 28 : Je reçois deux grandes lettres de chez Nous... Micheline a cassé, bon débarras.

A son fils chéri...

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"Ta maman et ta soeur qui t'envoient leur photo. A son fils chéri et frère, en joignant tous nos plus doux baisers."

Epinal, Georgette.

A la grenade...

radeau

Lundi 29 et mardi 30 : L'après midi nous allons à la pêche avec Girold et André, à la grenade.