L'HISTOIRE DE LA VIE ET MORT DE MAITRE JEAN CALVIN

DISCOURS DE THÉODORE DE BÈZE, CONTENANT EN BREF L'HISTOIRE DE LA VIE ET MORT DE MAITRE JEAN CALVIN AVEC LE TESTAMENT ET DERNIÈRE VOLONTÉ DUDIT CALVIN.

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THÉODORE DE BÈZE AU LECTEUR CHRÉTIEN

SALUT ET PAIX EN NOTRE-SEIGNEUR.

S'il eût plu à Dieu nous garder plus longtemps son fidèle serviteur M. Jean Calvin, ou plutôt si la perversité du monde n'eût ému le Seigneur à le retirer si tôt à soi, ce ne seroit ici le dernier de ses travaux, èsquels il s'est tant fidèlement et tant heureusement employé pour l'avancement de la gloire d'icelui, et pour l'édification de l'Église.

Et même maintenant, ce Commentaire sortiroit point sans être comme couronné de quelque excellente préface, ainsi que les autres.

Mais il lui en prend comme aux pauvres orphelins qui sont moins avantagés que leurs frères, d'autant que leur père leur est failli trop tôt.

Cependant, je vois cet orphelin sorti de si bonne maison, grâces à Dieu, et si fort représentant son père, que, sans autre témoignage, il se rendra de soi-même non-seulement agréable, mais aussi très-honorable à tous ceux qui le verront.

Et pourtant aussi n'a-ce pas été mon intention de le recommander par ce mien témoignage (car quel besoin en est-il ?), mais plutôt me lamenter avec lui de la mort de celui qui nous a été un commun père, et à lui et à moi, pource que je ne le puis ni dois moins estimer mon père en ce que Dieu m'a enseigné par lui, que ce livre, et tant d'autres, d'avoir été écrits par lui-même.

Je me lamenterai donc, mais ce ne sera sans consolation ; car, ayant égard à celui duquel je parle, je l'aurois trop peu aimé vivant ici-bas, si la félicité en laquelle il est maintenant ne changeoit la tristesse de ma personne en réjouissance de son gain ; et aurois mal fait mon profit de sa doctrine tant sainte et admirable, de sa vie tant bonne et entière, de sa mort tant heureuse et chrétienne, si je n'avois apprins par tous ces moyens à me soumettre à la providence de Dieu avec toute satisfaction et contentement.

Or, quant à sa doctrine, de laquelle je veux parler en premier lieu, tant s'en faut que la multitude de ceux qui lui ont contredit la doive rendre suspecte envers toutes gens de bon jugement, qu'au contraire cela seul pourrait servir de certain argument pour l'approuver ; d'autant que nul ne s'y est jamais opposé ; qui n'ait expérimenté s'adressoit non point contre un homme, mais contre un vrai serviteur de Dieu.

Aussi se peut-il affirmer (et tous ceux qui l'ont connu en seront bons et suffisants témoins) que jamais il n'a eu ennemi, qui, en l'assaillant, n'ait fait la guerre à Dieu.

Car, depuis que Dieu a fait entrer son champion en cette lice, il se peut bien dire que Satan l'a choisi, comme s'il avoit oublié tous les autres tenants, pour l'assaillir, et dû tout altérer, s'il eût pu.

Mais, d'autre part, Dieu lui a fait cette grâce, qu'il l'a orné d'autant de trophées qu'il lui a opposé de ses ennemis. S'il est donc question des combats qu'il a soutenus par dedans pour la doctrine, rien ne les peut faire sembler légers que la diligence de laquelle il a usé pour ne donner loisir à ses ennemis de reprendre haleine, et la constance que Dieu lui avoit donnée pour jamais ne fléchir, tant soit peu, en la querelle du Seigneur.

Les anabaptistes en feront foi, lesquels, peu après le commencement de son ministère en cette Église, c'est à savoir l'an 1536, il sut si bien et heureusement en publique dispute, sans que le magistrat y ait mis la main, que dès lors la race en fut perdue en cette Église ; ce qui est d'autant plus admirable, la plupart des Églises d'Allemagne en sont encore bien fort empêchées et, s'il y en a qui en soient délivrées, ç'a été plutôt par rigueur de justice qu'autrement.

II eut un autre combat à soutenir contre un apostat nommé Caroli, sur plusieurs calomnies ; lequel, élant semblablemenl abattu tant par écrit que de bouche, et déchassé de l'Église de Dieu, est mort misérablement misérablement Rome dedans un hôpital, pour servir d'exemple à ceux qui se révoltent de Jésus-Christ ; pour suivre un maître qui récompense si mal ses serviteurs et en ce monde et en l'autre.

En un autre temps, c'est à savoir l'an 1553, Michel Servet, Espagnol de maudite mémoire, survint, non pas homme, mais plutôt un monstre horrible, composé de toutes les hérésies anciennes et nouvelles, et surtout exécrable blasphémateur contre la Trinité, et nommément contre l'éternité du Fils de Dieu.

Cellui-ci, étant arrivé en cette ville, et saisi par le magistrat à cause de ses blasphèmes, y fut tellement et si vivement combattu, que, pour toute défense, une lui demeura qu'une opiniâtreté indomplable, à raison de laquelle, par juste jugement de pieu et des hommes, il fini par le supplice de feu sa malheureuse vie et ses blasphèmes avoit dégorgés de bouche et par écrit par l'espace de trente ans et plus.

Environ deux ans auparavant, s'étoit présenté un certain triacleur, carme et soudain devenu de théologien médecin, nommé Hiérôme Bolsec; de Paris, lequel, pour se faire valoir, pensant être arrivé en son cloître, et non en une Église de Dieu, de laquelle il n'avoit jamais rien su que par ouï-dire, et puis aussi sollicité par quelques garnements, desquels il sera parlé ci-après, commença en pleine congrégation de reprendre la doctrine de la providence et prédestination éternelle : comme si nous faisions Dieu auteur de péché et coupable de la condamnation des méchants.

Calvin s'opposa sur-le-champ à ce loup déguisé, et lui répondit tellement de bouche en public et en particulier, et puis aussi par écrit, que rien ne demeura à l'adversaire de vérité, qu'une seule impudence monacale, qui l'a rendu et rend encore aujourd'hui puant à tout homme qui a quelque bon sentiment ; voire par son propre jugement, comme il se montrera par témoignage témoignage sa main toutes fois et quantes que besoin sera.

Car ce malheureux qui avoit mérité punition pour un acte séditieux, étant traité par le magistral en toute douceur, à cause qu'on estimoit qu'il y auroit ci-après quelque remède à son ignorance sophistique, après avoir fait autant de scandales et de maux qu'il a pu es Églises circonvoisines, se voyant par trois fois dédiasse des terres des seigneurs de Berne, à la fin étant intolérable à chacun, a donné gloire à Dieu, reconnaissant ses erreurs, et surtout sa mauvaise conscience, à Orléans, en plein synode général des Églises françoises, françoises, 1562, tellement qu'on en espéroit quelque chose.

Mais depuis, depuis, repris d'un même mauvais esprit, est retourné à ses premières erres, et, déchassé de tous, comme il en est digne, sert encore aujourd'hui aujourd'hui par tous les lieux où il se promène, de témoignage de l'ire de Dieu contre ceux qui résistent à vérité.

Peu de temps après se déclarèrent quelques demeurants de servetistes ; comme un certain jurisconsulte de ces quartiers, qui depuis, pour même cause, fut chassé de l'Université de Tubinge par le très-illustre duc de Wirtemberg; et, pour avoir continué en ses blasphèmes, châtié par prison, et reçu à se dédire par jugement desdits seigneurs de Berne.

Avec cellui-là s'étoit ligué un certain Calabrais, nommé Valentin Gentil; un autre de Sardaigne ; un Piémontais, nommé Jean-Paul Alciat; un médecin de Saluces, nommé Georges Blandrata.

Ceux-ci besognoient sous terre comme ils pouvoient, semant leurs blasphèmes contre les trois Personnes en une essence divine, jusques à ce que ce fidèle serviteur de Dieu s'y étant opposé, les uns s'évanouirent, les autres, ayant reconnu leurs blasphèmes, en ont demandé pardon à Dieu et à la seigneurie.

Mais peu après, les malheureux, contre leur serment, retournés leurs blasphèmes, se sont avec leurs complices en la fin retrouvés en Pologne, là où ils ont fait et font encore aujourd'hui infinis troubles.

Si ont-ils, jusques au lieu où ils sont, senti et aperçu que valoit la force du fidèle serviteur Dieu dont nous parlons, par les écrits duquel les Églises de Pologne ont été tellement fortifiées, que les fidèles en ont été grandement affermis, et les ennemis de vérité tellement affaiblis, qu'avec l'aide Dieu, leur ruine en est prochaine.

Voilà les principaux combats qu'il a endurés par dedans pour la doctrine, beaucoup plus difficiles à soutenir qu'à les dire, comme les livres en feront foi à la postérité.

Car, quant aux autres ennemis, ils l'ont toujours assailli de loin, mais non pas de si loin, qu'il ne les ait atteints de plus près qu'ils n'eussent voulu. Ses doctes écrits contre les anabaptistes et les libertins en peuvent faire suffisante preuve.

Quant à ce grand Goliath Pighius, qui est-ce qui l'a abattu, lui et son pélagianisme, que la puissance du Seigneur en la main de Calvin ? Qui a clos la bouche à ce glorieux cardinal que celui-là même ? Qui a plus heureusement combattu et défait cet amas de sangliers assemblés pour dégâter la vigne du Seigneur ? Qui a mieux ni plus droit navré l'Antéchrist à la mort ? Qui a plus courageusement plus pertinemment répondu à ce malheureux interim, qui a tant troublé l' Allemagne ?

Ce n'est pas tout. Car, qui a été plus clairvoyant à connoitre et rédarguer l'impiété des faux évangéliques, s'accommodant à toutes gens?

Qui a plus vivement maintenu la pureté de la doctrine contre les plus dangereux ennemis, c'est à savoir ceux qui, sous ombre de paix et union, prétendent de corrompre la pureté d'icelle?

Quant à la misérable contention émue pour le fait de la Cène, voyant le feu tant allumé, tout son désir fut de l'éteindre par une claire exposition de la matière ; sans s'attacher personne ; ce qu'il a fait si bien et si dextrement, que qui voudra bien considérer ses écrits, confessera que c'est à lui, après Dieu, qu'appartient de la résolution depuis suivie par toutes gens de bon jugement.

Ce néanmoins, Satan s'efforça tant qu'il lui fut possible de l'attirer cette contention ; voire même avec l'Église de Zurich, laquelle, entre entre il a toujours estimée et honorée, mais ce fut en vain.

Car, au contraire, en présence conféré ensemble, ils demeurèrent entièrement d'accord, et fut le consentement de toutes les Églises de Suisse et des Grisons, et imprimé en plusieurs langues, avec grande édification parmi tout le monde.

Cela déplut à certains opiniâtres, entre lesquels un nommé Joach Westphale, l'autre Tileman Heshusius, ont été les plus ardents ennemis vérité et de concorde. Force lui fut alors d'entrer au combat, par lequel il a tellement maintenu la vérité, et combattu l'ignorance et impudence de tels personnages, qu'il en a acquis louange, des susdits, toute vergogne, voire même entre ceux de leur secte et nation ; et l'Église de Dieu en a été tant plus confermée en la vraie et saine doctrine.

Bref, je crois qu'il ne se trouvera hérésie ancienne, ni renouvelée, ni nouvellement de notre temps, laquelle il n'ait détruite jusques aux fondements entre autres grâces excellentes, il y en a deux qui reluisoient en lui, c'est à savoir une singulière vivacité à découvrir là où gît la difficulté matières, et puis aussi une dextérité merveilleuse à coucher ses réponses sans perdre une seule parole, comme tous ceux-là confesseront, voire même les ennemis de l'Évangile, qui voudront attentivement lire ses écrits.

J'ai omis un autre monstre qu'il la semblablement défait, encore qu'en cet endroit j'aie combattu avec lui : c'est un nommé Sébastien Châteillon, lequel, qu'il avoit connoissance des langues, et même avoit quelque dextérité en la langue latine, fut ici reçu pour conduire l'école.

Mais cet esprit, étant naturellement enclin à se plaire en soi-même, se plongea tellement sa vanité, qu'à la fin il s'y est noyé, pource que jamais on n'a pu gagner ce point sur lui, qu'il prit la peine de lire les Commentaires et autres écrits, pour se résoudre.

Cela fut cause que, de plein saut, il condamna Cantique des Cantiques, comme un livre sale et impudique ; ce que lui étant remontré, il dégorgea publiquement mille injures contre les pasteurs de cette Église.

Sur quoi lui étant commandé par le magistrat de vérifier son dire, et convaincu de manifeste malice et calomnie, la justice lui ordonna de sortir, après avoir reconnu sa faute.

Étant donc enfin retiré à Bâle, il y a vécu depuis, jusqu'à ce que s'étant élevé le trouble de Hierôme Bolsec sur la prédestination, celui-ci, qui avoit toujours tenu de la perfection anabaptistique, mais secrètement et entre les siens, ne faisant, surplus, difficulté de s'accommoder à chacun, étant aussi grandement irrité de la mort de Servet, se découvrit ouvertement, premièrement premièrement un livré qu'il fit imprimer en latin et en françois, sous un faux nom de Martin Bellie, aux erreurs et blasphèmes duquel j'ai répondu.

Il ajouta un autre traité qu'il appelle en latin Theologia germanicà, sous le nom de Théophile ; et en françois, Traité du vieil et nouvel homme.

Enfin, il tourna, ou renversa plutôt toute la Bible en latin et en françois avec une impudence et ignorance si vilaine, que ce serait merveilles comme il se peut trouver des hommes qui s'y délectent, n'étoit que la nouveauté est toujours agréable à tous esprits ambitieux, desquels aujourd'hui il est aussi grande saison qu'il fut oncques.

Il mit au-devant de sa traduction une épître adressée au feu bon roi Edouard d'Angleterre, par laquelle, sous ombre de prêcher charité, il renverse l'autorité des Écritures, comme obscures et imparfaites pour nous renvoyer aux révélations particulières, c'est-à-dire aux songes du premier rêveur qui voudra se montrer.

Il avoit fait aussi certaines annotations sur le neuvième chapitre de l'Épître aux Romains, par lesquelles il établit manifestement le pélagianisme, et ne reconnoît décret de Dieu, sinon es choses qui sont bonnes de leur nature, forgeant en Dieu une permission contraire à sa volonté, et nous imposant faussement que nous faisons Dieu auteur dé péché.

Tout cela n'émut aucunement le fidèle serviteur de Dieu, d'autant que déjà on avoit mille fois répondu à toutes telles calomnies et erreurs, jusques à ce qu'icelui même fit un recueil latin de certains articles et arguments, qu'aucuns qu'aucuns avoir extraits des livres de M. Jean Calvin, y ajoutant certaines certaines et fut ce livret envoyé sous main à Paris, pour y être imprimé.

Mais Dieu y pourvut, faisant tomber l'original entre mes mains, tellement que nous-mêmes le fîmes imprimer ici avec telles réponses qu'il méritoit.

Lui, après avoir su le tout, ne sut que répondre aux pasteurs pasteurs ministres de Bâle, sinon qu'il n'étoit auteur desdits articles.

Étant, peu après, appelé sur la doctrine du franc arbitre et de la providence Dieu en pleine dispute â Bâle, sa doctrine fut condamnée. Et d'autant que, quelques années auparavant, il avoit été reçu à la profession la langue grecque par ceux qui ne connoissoient ses erreurs, il lui fut commande de ne se mêler de bouche, ni par écrit, que de sa lecture; ce qu'il promit, et observa très mal, ayant toujours continué à semer ses rêveries comme il a pu.

Et même, de haine qu'il avoit contre moi, qui pour lors étois en France bien empêché, à mon grand regret, aux guerres civiles, ou pour le moins ému d'une ambition démesurée, il écrivit un livret intitulé : Conseil à la France désolée, sans y mettre son nom, ni le lieu de l'impression, combien qu'il fût en ville libre.

Là il condamne de rébellion et sédition toutes les Églises françoises, et conseille conseille chacun croie ce qu'il voudra , ouvrant la porte, par même moyen, à toutes hérésies et fausses doctrines. Je ne daignai lui répondre à ce beau conseil, qui senloit par trop son homme bien fort lourd, et ignorant de ce qu'il traitoit, et très-mal expérimenté en telles affaires.

Mais, au lieu de cela, je répondis à plusieurs points desquels il m'avoit taxé, y entremêlant des erreurs fort vilains et intolérables, sous ombre de défendre ce que j'avois repris en sa translation latine.

Celle mienne réponse, réponse, aux pasteurs de l'Église de Bâle, fut cause qu'ice lui Chàteillon appelé par l'Église et puis parla seigneurie, et lui fut enjoint de répondre à ce dont je lé chargois, et que je m'offrois lui prouver par ses écrits; mais, peu de jours après, la mort le délivra de cette peine.

Je sais bien que ce long discours sera trouvé mauvais par aucuns, comme si j'en parfois en homme passionné, et ne pouvois même souffrir les morts se reposer en leur sépulcre.

Mais je puis protester devant Dieu que jamais je n'ai haï le personnage vivant, avec lequel aussi je n'eus jamais affaire particulier en bien ni en mat; tant s'en faut que maintenant je voulusse haïr et pourchasser les morts, qui sont remis au jugement du Seigneur.

Mais il â fallu que ceci fût entendu, afin que chacun se garde de ses livres el disciples qu'il a laissés après lui.

En ces entrefaites, un certain pédant se mit en avant, c'est François Balduin, lequel, ne pouvant pouvant plus demeurer en une religion qu'en une place, a changé de demeure et condition plus souvent que tous les jours, et de religion pour le moins trois fois.

A la parfin, n'ayant plus de conscience à perdre, s'est rangé d'une certaine religion pareille à celle des chanoines réguliers, lesquels, étant en général semblables à tous les autres de leur rang, toutefois toutefois il est question de leur particulier, se font moines en ce qui est avantageux pour les moines, et, tout au contraire, se font séculiers quand la moinerie leur est peu favorable.

Ainsi ce bon personnage baise la pantoufle comme les autres ; et, afin qu'on ne fit doute que ce ne fût à bon escient, en a pris une bonne et belle rémission de son roi, pour rentrer en grâce de Sa Sainteté et des cardinaux, desquels, pour son dernier malheur, il est devenu esclave.

S'il est donc question décrire contre nous, voilà le meilleur catholique du monde.

Mais si, d'autre côté, il faut s'accommoder à ceux qui sont comme entre deux fers et se vantent de tenir le milieu, adonc le bonhomme crache les reformations de l'Église romaine, et parle vaillamment de certains abus ; mais c'est sans toucher au principal, et tellement toutefois que tout homme qui ne le connoitroit, penserait qu'il parlât à bon escient, et non point pour se faire valoir.

Ce galant, pour son entrée, ne faillit pas, l'an 1561, de mettre en avant un livre de telle matière, sans aucun nom, à l'heure même qu'on étoit au colloque de Poissy.

Calvin, connoissânt l'intention de ce malheureux, répondit brièvement, comme il avoit accoutumé, mais fort péremptoirement, péremptoirement, donnant quelques atteintes à celui qui étoit principalement coupable coupable cernai.

Balduin, sur cela, s'échauffe, et depuis u'a cessé d'écumer d'écumer rage contre celui qu'il avoit tant de fois appelé père et précepteur, le tout pour faire connoitre qu'il s'étoit révolté à bon escient.

Sur cela, Calvin l'a combattu et ruiné par un seul silence.

Car, quant aux injures et outrages contre sa personne, il les a toujours estimés honorables pour le nom du Seigneur auquel il servoit, joint qu'être blâmé par un méchant emporte certain témoignage de vertu. Et quant aux rêpréhensions concernant concernant doctrine, les unes lui ont semblé si légères et impertinentes, qu'elles ne méritoient réponse ; les autres né sont que redites empruntées d'ailleurs, et mille et mille fois réfutées.

Toutefois, pource que c'est à moi anssi que cet apostat s'est attaché pour gratifier ses maîtres, j'ai pris la charge de lui répondre pour la deuxième fois, dont j'espère aussi m'acquitter m'acquitter la grâce de notre Dieu. Voilà les principaux combats que ce bon personnage a soutenus heureusement pour la vérilé du Seigneur !

Au reste, par ce discours, je pense avoir traité la plupart dé sa Vie.

Car qu'a-ce été autre chose de sa vie, qu'une perpétuelle doctrine, tant par paroles que par écrit, et par toutes ses moeurs et façons de vivre ?

Ce que toutefois il est très-bon d'exposer par le menu, afin que chacun entende les merveilles de Dieu à l'endroit de cel excellent personnage.