Œuvres françaises
de Jean Calvin

Recueillies pour la première fois, précédées de sa vie par Théodore de Bèze.
Avertissement de l'éditeur :

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Les oeuvres de Calvin en français :

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Le style de Calvin est un des plus grands styles du seizième siècle : simple, correct, élégant, clair, ingénieux, animé, varié de formes et de tons, il a commencé à fixer la langue française pour la prose, comme celui de Clément Marot l'avait fait pour les vers.

Ce style est moins savant, moins travaillé, moins ouvragé, pour ainsi dire, que le style de Rabelais, mais il est plus prompt, plus souple et plus habile à exprimer toutes les nuances de la pensée et du sentiment ; il est moins naïf, moins agréable et moins riche que celui d'Amyot, mais il est plus incisif, plus imposant et plus grammatical ; il est moins capricieux, moins coloré et moins attachant que celui de Montaigne, mais il est plus concis, plus grave et plus français, si l'on peut reprocher à l'auteur des Essais d'écrire quelquefois à la gasconne.

Et pourtant il n'existe pas une seule Édition des Œuvres françaises de Calvin, à l'exception du Recueil de ses Opuscules, publié par Théodore de Bèze, à Genève, en 1566, énorme volume in-folio de 2,000 pages, aujourd'hui fort rare, dans lequel on a confondu les traités écrits originairement en français par Calvin, avec ceux qui ont été traduits en cette langue d'après l'original latin, par ses secrétaires et ses amis ; car la plupart de ces traités parurent également et presque à la fois dans les deux langues, soit que l'infatigable Calvin en rédige les deux versions , soit qu'il fit faire

Il est donc impossible de distinguer, dans le Recueil des Opuscules, les morceaux qui appartiennent réellement la plume de Calvin. On voit, par la, que l'éditeur, quoique habile écrivain lui-même, se préoccupait beaucoup moins de la lettre que de l'esprit dans les écrits du réformateur de Genève.

Enfin, comme si l'on eût voulu lui enlever ses titres de bon écrivain français, on imagina de n'insérer dans les éditions de ses œuvres que des textes latins, et de traduire même tout ce qui n'avait jamais été traduit dans celle langue, comme les sermons, les lettres, etc.

Les trois éditions volumineuses qui ont été faites dans ce système anti-littéraire ne renferment pas une seule pièce qui témoigne au moins que Calvin savait écrire en français aussi facilement et aussi remarquablement qu'en latin.

Nous avons donc eu l'idée de réunir les principaux traités qui paraissent avoir été écrits par Calvin plutôt que par ses secrétaires ; les éditions anciennes de ces traités sont presque introuvables ; quelques-unes même ont entièrement disparu.

L'étendue de l'Institution de la religion chrétienne, ce chef-d'œuvre de science théologique, de philosophie religieuse et de style, ne nous a pas permis de la faire entrer dans un volume qui contient d'ailleurs les meilleures pages françaises que Calvin ait écrites en différents genres de dialectique.

... Il était difficile de choisir ce qui est véritablement de Calvin dans le Recueil de ses Opuscules : la connaissance de son style a guidé notre choix, de concert avec la bibliographie, qui nous l'indiquait souvent par des dates certaines.

Aucune biographie, aucune histoire , aucun catalogue ne donnant une liste exacte et complète des ouvrages français de Calvin, nous avons essayé d'en dresser une, qui, pour être plus exacte et plus complète que toutes les autres, ne l'est pas encore autant qu'il serait possible de la faire ; mais, en bibliographie, on ne saurait arriver au mieux sans passer par des essais plus ou moins informes, et c'est toujours le dernier venu qui perfectionne les travaux de ses devanciers.

Nous avons cru ne pouvoir mieux commencer ce volume des Œuvres françaises de Calvin, qu'en y ajoutant le discours de sa Vie, par Théodore de Bèze, qui était aussi un des meilleurs écrivains de son temps.

Ce Discours renferme plusieurs erreurs, qui ont été relevées par Sénébier dans l'Histoire littéraire de Genève, mais il est curieux et peu connu ; il n'a pas été réimprimé depuis le seizième siècle, et il mérite de l'être, surtout à côté des écrits de Calvin : on comparera ainsi l'excellent style de ces deux réformateurs qui ont rendu tant de services à la langue française, et qui ne furent appréciés à leur valeur littéraire que par Patru et Richelet.

Paul L. JACOB, bibliophile.

TABLE DES MATIERES :

Discours de Théodore de Bèze, contenant en bref l'histoire de la vie et mort de maître Jean Calvin.

Théodore de Bèze au lecteur chrétien

Testament et dernière volonté de M. Jean Calvin

Psychopannychie, traité par leqnel est prouvé que les âmes veillent et vivent après qu'elles sont sorties des corps... contre l'erreur de quelques ignorants qui pensent qu'elles dorment jusques au dernier jugement.

Genève, de l'imprimerie de G. Badius, 1558, in-8°. Senebier cite une édition de 1556. Ce traité, qui avait paru en latin des 1534, nous semble avoir été traduit par Calvin lui-même, comme un de ses ouvrages de prédilection.

Préface de Jean Calvin adressée, à un sien ami

Autre épître de Jean Calvin aux lecteurs

Traité ou Avertissement contre l'astrologie qu'on appelle judiciaire et autres curiosités qui règnent aujourd'hui au monde