SUR LE MAGNÉTISME ANIMAL

A. M. Lavoisier

Déclaration présentée par M. De La Fayette à M. Le duc d'Orléans pour être signée par M. Berthollet.Pour m'assurer davantage d'avoir mieux vu que la plupart de ceux qui ont fait le même cours, je consens que dans un an (le 15 mai 1785) cette opinion, signée de moi, soit mise dans le Journal de Paris.

DÉCLARATION FAITE ET SIGNÉE PAR M. BERTHOLLET

Après avoir fait plus de la moitié du cours de M. Mesmer du mois d'avril 1784 ; après avoir été instruit de la pratique du magnétisme animal par M. Mesmer, et avoir été admis dans les salles des traitements et des crises, où je me suis occupé à faire des observations et des expériences,

je déclare n'avoir pas reconnu l'existence de l'agent nommé par M. Mesmer magnétisme animal ; avoir jugé la doctrine qui nous a été enseignée dans le cours démentie par les vérités les mieux établies sur le système du monde et sur l'économie animale, et n'avoir rien aperçu dans les convulsions, les spasmes, les crises enfin, qu'on prétend être produits par les procédés magnétiques (lorsque les accidents avaient de la réalité) qui ne dût être entièrement attribué à l'imagination, à l'effet mécanique des frictions sur des parties très-nerveuses, et à cette loi reconnue depuis longtemps, qui fait qu'un animal tend à imiter et à se mettre, même involontairement, dans la même position dans laquelle se trouve un autre animal qu'il voit, loi de laquelle les maladies convulsives dépendent si souvent :

je déclare enfin que je regarde la doctrine du magnétisme animal et la pratique à laquelle elle sert de fondement comme parfaitement chimériques, et je consens qu'on fasse dès ce moment de ma déclaration tel usage qu'on voudra.

Le 20 mai 1784.

Sur le Magnétisme Animal

A. M. Lavoisier De l'Académie des Sciences

Versailles, le 2 avril 1784