L'hypnose et l'auto-hypnose, pratiquées de manière excessive aboutissent à altérer les contrôles de base du système nerveux central et entraînent des dommages à long terme et parfois permanents des capacités intellectuelles
Il est étonnant de constater avec quelle relative facilité des gens intelligents, autonomes, expérimentés, qui ont parfois des responsabilités familiales ou professionnelles, sont subitement transformées en êtres dépendants.
Derrière ce constat se trouve l'emploi de techniques hypnotiques comme méthode de manipulation.
Les magnétiseurs peuvent, lors des réunions, affaiblir le sens critique d'une personne. Ils peuvent établir une relation dominant-dominé ; transformer des souvenirs et faire adopter des comportements inhabituels.
Ce qui a l'air d'un tour de magie n'est que l'application de certaines méthodes de suggestion sur le psychisme.
Qu'est-ce que l'hypnose ?
Définition classique de la British Medical Association :
L'hypnose est un état passager d'attention modifiée chez le sujet, état qui peut être produit par une autre personne et dans lequel divers phénomènes peuvent apparaître spontanément ou en réponse à des stimuli verbaux ou autres.
Ces phénomènes comprennent un changement dans la conscience et la mémoire, une susceptibilité accrue à la suggestion et l'apparition chez le sujet de réponses et d'idées qui ne lui sont pas familières dans son état d'esprit habituel.
En outre, des phénomènes comme l'anesthésie, la paralysie, la rigidité musculaire et des modifications vaso-motrices, peuvent être dans l'état hypnotique produits ou supprimés.
Les expériences d'hypnose commencent par une induction. La séance a lieu en général entre deux personnes, l'opérateur et le sujet.
Un hypnotiseur russe se vante même actuellement de pouvoir hypnotiser des gens par le biais de la télévision.
Classiquement, l'opérateur demande au sujet de se détendre physiquement et mentalement, de réduire sa vigilance, d'oublier l'environnement, de fixer son attention sur la voix de l'opérateur et de laisser aller son imagination.
Lorsque le sujet est sous hypnose, tout se passe comme s'il y avait deux psychés, l'une en relation avec la conscience et l'autre sans volonté ni conscience, mais capable de mener à bien des activités complexes.
Il y a près de deux siècles, Deleuze et l'abbé Faria avaient remarqué que les sujets sous hypnose se comportaient comme s'ils étaient une personne différente.
Sous hypnose, le sujet est dans un état second, et certains phénomènes peuvent apparaître comme la modification de la mémoire, des souvenirs, perte d'identité, amnésie, distorsion du temps, altérations sensorielles et hallucinations.
L'opérateur manipule le comportement des sujets. Dans le cas de la suggestion post-hypnotique, on peut créer un engramme qui va occasionner des comportements futurs.
L'état hypnotique apparaît comme un état de conscience modifiée à la faveur duquel l'opérateur peut provoquer des altérations de la volition, de la mémoire et des perceptions sensorielles.
C'est une méthode puissante, qui présente de nombreuses applications thérapeutiques lorsqu'elle est pratiquée dans un cadre médical.
Selon certaines études, 70% de la population serait susceptible d'être hypnotisée. Facteurs facilitateurs l'hypnose : la confiance, les attentes, les attitudes et les motivations (Trust, Expectations, Attitudes, Motivations ou TEAM).
Le sujet sera plus ouvert aux suggestion de l'opérateur s'il lui fait confiance. Les promesses diverses qui lui fait ce dernier créent des attentes.
L'utilisation judicieuse de ces attentes est suffisante pour induire l'hypnose. Une certaine pression parfois jusqu'à une forme d'intimidation est maintenue par l'opérateur.
Bien préparée psychologiquement le sujet désire aller plus loin.
Voici différentes techniques utilisées de manière déguisée pour induire un état hypnotique sans que le sujet en soit conscient.
1 : La fixation de l'attention sur un objet. L'opérateur demande à une personne de fixer longuement un objet, parfois en hauteur, le mouvement oculaire est une technique classique d'induction hypnotique. (La fixation de l'attention fait partie de toutes les inductions hypnotiques, Braid.)
2 : L'opérateur demande à la personne de se concentrer sur sa respiration. De très nombreux spécialistes de l'hypnose utilisent le rythme de la respiration pour induire et accompagner un patient dans une expérience hypnotique. Objectif, faciliter l'induction hypnotique.
3 : La répétition de mouvements ou de mots. Un exemple classique est celui des derviches tourneurs. Psalmodier de longues heures a le même effet. Les Docteurs Conway et Siegelman ont constaté que le fait de réciter sept heures par jour des mantras induisait un état altéré de la conscience.
4 : l'utilisation du ton et du rythme du discours. Ce fait est unanimement reconnu par les prédicateurs, politiciens, avocats, présentateurs de télévision et acteurs : le ton de la voix et le rythme de la phrase sont importants pour tenir une assemblée sous un charme hypnotique.
Il existe également un secret bien gardé, celui que l'on appelle le coup du ventilateur. Connu autrefois comme le coup du métronome et aujourd'hui remplacé par le ronronnement de l'air climatisé.
Régler le rythme d'un mécanisme sonore à une vitesse proche de celle des battements cardiaques mettait une assemblée en état semi-hypnotique.
Un signal permet d'activer des attitudes programmées pendant l'hypnose, « truc » qui est utilisé avec succès dans les séances d'hypnose de music-hall.
Les adeptes, à un signal (le trigger dont parlent les recherches américaines), se retrouvent dans un état second dû à leur entraînement hypnotique.
Un sujet peut accomplir ce qui lui a été induit, la veille, par suggestion puis oublier complètement ce qui s'était passé. « La pratique répétée d'inductions hypnotiques et la prolongation de l'état de transes hypnotiques, rend l'adepte plus souple, moins critique et de plus en plus dissocié de lui-même (…) Au fur et à mesure, il ne peut plus s'en empêcher et il revient continuellement à un état hypnotique » affirme Clark.)
Cette drogue mentale n'est pas sans conséquences graves, l'hypnose et l'auto-hypnose, pratiquées de manière excessive aboutissent à altérer les contrôles de base du système nerveux central et entraînent des dommages à long terme et parfois permanents des capacités intellectuelles.