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CHINESE GORDON ou GORDON PACHA (1833 1885)

Charles George Gordon alias "Chinese Gordon" alias "Gordon Pacha". De la Chine au Soudan : un visionnaire

Georges Charles Gordon, le fils de Lord Gordon Officier Commandant de l'Artillerie Royale est né à Woolwich, en 1833. Il sort premier de sa promotion de l'Académie Militaire d'Artillerie et est muté comme Second Lieutenant dans le corps de l'élite professionnelle de l'Armée Britannique, le Royal Engineers à Chattam dans le Kent. Ce régiment se compose d'éclaireurs, de sapeurs, de nettoyeurs commandés par des officiers ayant le sens du renseignement et de l'aventure. C'est "le" régiment d'élite de l'armée professionnelle britannique, à l'origine des corps spéciaux.

En Chine, en Egypte et au Soudan, les stratégies de Gordon permirent toujours à un petit nombre de l'emporter sur la multitude et l'intelligence sur la force brutale.

Gordon, jeune officier breveté qui s'est spécialisé dans l'artillerie de sape, participe à la Guerre de Crimée et débarque en 1854 à Baklava. Il participe à diverses opérations sous le commandement de Lord Raglan dont l'assaut de Redan, le 18 juin 1854 et l'expédition de Kunbun. Après près d'un an de combat et de lourdes pertes dut tant à des maladies comme le typhus qu'à des erreurs stratégiques monumentales dont la fameuse "charge de la Brigade Légère", les troupes russes commandées par le Général Prince Alexandre Menshikov tiennent toujours en respect les troupes franco-britanniques. Le siège de Sébastopol s'éternise. Début septembre 1855 Gordon, sous un feu nourri, parvient, avec des sapeurs du Génie, à ouvrir une brèche dans la tour de Malakoff. Le verrou que constituait Malakoff ayant sauté, le Troisième Zouaves prend d'assaut la Tour de Malakoff ce qui permet de terminer victorieusement le siège de Sébastopol et la guerre de Crimée.

Mais ce fait militaire révèle la personnalité extraordinaire de Gordon qui réalisait souvent à lui seul ce qu'une multitude n'avait pu obtenir. Devenu attaché militaire auprès d'une commission internationale il séjournera en Turquie, en Bessarabie et en Arménie. Il revient en Angleterre en 1858.

Charles George Gordon en Chine

Gordon recrute des soldats chinois qui lui seront toujours fidèles et qui le nommeront "Chinese Gordon" "Gordon le Chinois" ! C'est un des rares officiers britanniques qui parle et écrit couramment le chinois et qui s'intéresse de très près aux grands Classiques.

En 1860 Français et Anglais déclenchent une opération militaire qu'ils nomment "Guerre de l'Opium". Les occidentaux reprochent au pouvoir impérial chinois le promulgation de décrets interdisant la vente et l'usage de l'opium.

Or la France et l'Angleterre par le biais de l'Indochine et des Indes sont les fournisseurs patentés de millions de Chinois qui s'adonnent aux paradis artificiels de la "boue noire".

Après avoir écrasé les armées chinoises ils s'installent donc à Pékin la "Capitale du Nord" non sans avoir préalablement pillé le Palais d'Eté de Palikao en octobre 1860.

Lord Elgin, le commandant en chef de l'armée britannique charge Georges Charles Gordon, alors jeune officier, de superviser l'opération. Il s'acquitte parfaitement de cette tâche et avec l'accord de Lord Elgin et du Général Jamin, commandant l'armée française, propose qu'une somme de 80 francs or soit allouée à chacun des soldats de l'expédition et qu'il soit constitué une réserve pour les officiers des deux armées à condition d'éviter le pillage individuel. Gordon se propose d'avancer les fonds et est évidemment fortement acclamé tant par les troupes que par les officiers. Il se charge personnellement de réaliser l'opération et de transformer les objets d'art en monnaie sonnante et trébuchant. Une partie du trésor de guerre part en France et en Grande Bretagne, l'autre est vendue sur place. Cette opération économique, fort rentable, dont Gordon était le maître d'oeuvre, fut un modèle du genre ce qui n'empêcha d'ailleurs pas les troupes occidentales de saccager le palais d'été auquel les Chinois avaient déjà mis le feu en fuyant.

Mais cela permit surtout à Gordon de se faire connaître tant des instances militaires que des commerçants occidentaux et chinois qui reconnurent en lui un homme de parole, un organisateur né et un fin stratège.

A la suite de cette défaite militaire la Chine Impériale fut contrainte de signer plusieurs "traités d'amitié et de commerce" en complément du Traité de Tientsin signé le 10 juin 1858. Ces traités permiren de reprendre le juteux commerce de l'opium et le faciliter par l'ouverture aux occidentaux de seize ports dont Shanghaï et Hong Kong.

Mais ce commerce était menacé par la révolution des Tai Ping qui s'étendait peu à peu dans le pays. Avec l'accord de l'Empereur Hsien Feng (Hien Fong ou Weng Tsung) les occidentaux constituent une armée de volontaires nommée "Alliance de défense sino-étrangère" et placent à sa tête un général d'infanterie britannique, John Michel. Il est rapidement rejoint par un aventurier nommé Ward qui se vantait d'avoir été flibustier en Amérique du Sud. Ward recrute rapidement tout ce que le sud de la Chine comporte comme gens de sac et de corde avec l'assentiment et le support financier des grandes compagnies occidentales.

Bien armée cette troupe remporte plusieurs victoires sur les Tai Ping et la jeune impératrice douairière Cixi (Tseu Hi) lui décerne le titre de "Armée toujours victorieuse". Mais Ward pendant le siège de Tsehi en septembre 1862 est tué d'une balle en pleine tête. Le Consul britannique de Shanghaï écrit "Je me sens navré et désespéré car ne sais pas comment lui trouver un successeur". Faute de trouver un nouveau volontaire et en désespoir de cause, les occidentaux décident alors de faire appel à un militaire de carrière et se souviennent de Gordon.

Il accepte le contrat mais demande carte blanche. Deux heures après sa nomination il passe en revue l'Armée Toujours Invincible. Contrairement à ses prédécesseurs, des aventuriers qui étaient fiers de l'être, il se présente en grande tenue d'Officier des Gordon's Highlanders avec kilt, sporran, poignard kirk dans la chaussette et badine de commandement sous le bras. Il est accompagné d'un détachement de Highlanders et procède à l'inspection au son du tambour et de la cornemuse, accompagné par ses deux immenses chiens bergers Setters. Les Chinois sont sidérés. Les occidentaux ne le sont pas moins.

Il vient se placer devant chaque chef de groupe, et, presque au contact, se met au garde à vous et salue comme à la parade puis serre chaleureusement la main de celui qu'il considère désormais comme un officier à part entière. Chinois et Indiens y compris. Quelques mots pour chacun dans leur langue maternelle. Il en maîtrise parfaitement plus d'une vingtaine. Peu à peu toute la troupe se redresse et présente les armes, fière d'être considérée non pas comme un ramassis de mercenaires mais comme des militaires.

Il fait jouer la Marseillaise, God Save the King et l'Hymne Impérial Chinois dont il a réussi à retrouver la partition. A la fin de ce dernier les hourras retentissent de toutes part puis les troupes défilent impeccablement, lui rendant les honneurs.

Il baptise alors chaque régiment suivant la tradition chinoise des Quatre Animaux du Zodiaque, à l'Est le Dragon vert considéré comme l'infanterie, au Sud l'Oiseau Rouge considéré comme la cavalerie, à l'Ouest le Tigre Blanc considéré comme les troupes de réserve aguerries, au Nord la Tortue Serpent Noire considérée comme l'arrière garde. Il ne manque que le Dragon Jaune à Cinq Griffes considéré comme la Garde Impériale. Il le remplace par une garde personnelle constituée de montagnards des Highlands recrutés par le Clan Gordon.

A la fin du défilé il est déjà, pour tous, "Chinese Gordon ". En plus de parler et d'écrire le chinois, il cite les grands classiques et, s'est attaché l'amitié et les service d'un jeune maître chinois déjà très renommé en la personne de Shen Zhureng (Shen Shaoxung), expert réputé en Feng Shui (géobiologie chinoise) et dans l'Art de la Guerre, auteur du "Shenshi Xuankong Xue" (Traité de l'Ecole des Etoiles volantes) qui demeure, encore de nos jours, l'une des ouvrages de Feng Shui les plus réputés en Chine.

Celui ci lui traduit et lui commente plusieurs versions des "Treize Articles" de Sun Tse (Sun Tzu ou Sunzi) ainsi que le "Traité secret de stratégie des Trente Six Stratagèmes" de Tan Daoji. Sunzi ou Sun Tzu, le Maître stratège qui inspira Chinese Gordon

Gordon s'en imprègne et les utilise au profit de l'Armée Toujours Victorieuse. L'utilisation rationnelle du terrain lié à la pratique du Feng Shui adapté à l'art militaire lui donne rapidement le dessus. Lorsque Hong et les Tai Ping utilisent des armes chinoises tout en voulant copier la stratégie occidentale, il utilise la stratégie chinoise la plus classique mais avec des armes occidentales.

Gordon inaugure la technique des Commandos qui restera une grande spécialité du corps des Royal Engineers Il attaque de nuit et par le fleuve un campement Taiping Il remporte alors de nombreuses victoires. Entraînées par son exemple les troupes impériales commandées par le Taotai (Daodai) (généralissime) Li Hongzhang (Li Hong Tchang) (1823 1901) reprennent peu à peu le dessus. En mars 1864 voici ce qu'écrit Li au sujet de Gordon :

"Gordon a un savoir vivre et un comportement bien supérieur à ceux de tous les étrangers avec lesquels je suis entré en contact et il ne laisse nullement apparaître cette suffisance qui rend la plupart d'entre eux répugnants à mes yeux. En outre son allure militaire est splendide et il est direct et capable !".

Le Général Li écrivit une supplique au Trône, louant chaleureusement Gordon auprès de l'Impératrice Douairière. Celle-ci, au nom de l'Empereur, promulgua le décret suivant : "C'est pourquoi nous sommes enclins à reconnaître les services exceptionnels de Georges Charles Gordon en lui accordant des récompenses exceptionnelles. Nous lui conférons le titre envié de Gardien du Trône, le marquisat de premier rang, perpétuellement héréditaire, la décoration de l'Ordre de la Plume de Paon à Deux Yeux, la fonction de Titou (Général de Corps d'Armée) et le droit de porter la Tunique Jaune en présence de l'Empereur".

Le portrait officiel de Georges Charles Gordon en costume de Titou atteste du fait exceptionnel qu'il portait cette tunique jaune que nul occidental avant lui, y compris les Jésuites invités à la Cour, n'avait jamais revêtue. Cela étonne encore nos amis Chinois pour qui cette tunique jaune est le symbole le plus élevé dans la hiérarchie militaire impériale puisque celui qui la détenait pouvait demeurer armé en présence de l'empereur. Signe d'une confiance absolue.

Le titre de Gardien du Trône était également la plus haute distinction militaire habituellement réservée aux officiers supérieurs de la Garde Impériale. La fonction de Titou assortie à décoration de la plume de Paon à Deux Yeux correspondait, ou peu s'en faut, au titre de "Feldmarshal", titre qui s'obtenait sur le champ de bataille et non dans une école de guerre ou dans une antichambre ministérielle.

Il est vrai que Gordon avait fait plusieurs fois preuve d'un courage insensé comme le jour où il était pénétré, seul et sans armes, dans les murs de Suzhou, la ville aux mille canaux, encerclée par son armée. Il proposa tout simplement au "Cinq Rois" qui défendaient la ville de se rendre en échange de la vie sauve. Et ceux-ci se rendirent le lendemain matin après l'avoir invité à partager un banquet et après avoir liquidé Tan Chao Kouang, le Prince Mou, qui refusait de capituler.

Gordon obtient la reddition de Suzhou Les portes de la ville s'ouvrirent et Gordon reprit son chemin victorieux. Mais il apprit le lendemain que Li Hongzhang, ne respectant pas sa parole, avait fait exécuter les "Rois Coolies" et fait massacrer les 20 000 Tai Ping de la garnison. Gordon fou de rage, un révolver dans chaque main, revint parcourir Suzhou "à la recherche de ce bâtard d'asiatique". Chinese Gordon à la recherche de Li Li ne dut son salut que dans la fuite. L'impératrice au courant de cet état de fait fit envoyer à Gordon une prime de plus de 10 000 taels d'or qu'il refusa mais finit par distribuer à ses soldats.

Ceux-ci l'adoraient et respectaient son courage exceptionnel et sa parole sans faille. Les Chinois le considéraient comme une divinité de la guerre, un "Général Tigre Céleste" réincarné.

Ils relataient qu'au cours des combats les plus intenses il demeurait debout, son stick sous le bras et le cigare aux lèvres, n'utilisant que très rarement une arme mais encourageant chacun du geste et de la parole, omniprésent. Un jour voyant un soldat terrorisé et s'enfuyant devant une charge des Tai Ping, il l'agrippa, le retourna comme un sac et l'obligea à tirer, son fusil posé sur sa propre épaule, faisant office de bouclier. Voyant cela les autres fuyards vinrent à la rescousse, arrêtant net la charge. Gordon repartit souriant comme si rien ne s'était passé.

Mais en mars 1864 son invulnérabilité lui fit défaut et il fut néanmoins blessé devant Jintang. Ce qui ne l'empêcha pas de continuer à donner ses ordres. L'Armée Toujours Victorieuse fut dissoute. Mais le premier juin de la même année le Roi des Tai Ping, encerclé par les troupes de Li dans Tchongchan, se suicida en avalant des feuilles d'or. La révolution des Tai Ping aura fait, estime-t-on actuellement, plus de vingt millions de morts. Sans l'Armée Toujours Victorieuse et Chinese Gordon nul ne sait quelle aurait été la fin de l'histoire.

Gordon aurait probablement pu demeurer en Chine et y finir sa vie dans les honneurs. Il préfèra rentrer à Londres où parallèlement à ses activités militaires il milita dans de nombreuses associations de bienfaisance, créant la "Milton Médicant Society" pour les défavorisés des bas quartiers et, pour la première fois, incluant les "gens de couleurs". Il rencontra William Booth, fondateur de l'Armée du Salut auquel il apporta son appui inconditionnel ainsi qu'une partie de sa fortune. Il aida à constituer la structure quasi militaire de cette organisation et lui apporta son crédit personnel auprès des autorités religieuses et politiques. Il soutint activement la "Native Rule" qui s'opposait à l'ordre colonial. Dès qu'il le pouvait il se consacrait personnellement à l'éducation morale des enfants de ses soldats.

Ce faisant il s'opposa officiellement à Gladstone qui, au contraire, défendait la "Home Rule", donc les colons au détriment des "indigènes". Les prises de position de Gordon, notamment en faveur de la suppression totale et définitive de l'esclavage et de la traite des noirs en Afrique lui valurent de franches inimitiés dans le monde politique de l'époque.

En 1873, devenu indésirable à Londres, il se rend pour un premier séjour au Soudan, alors sous protectorat britannique, où il accepte de devenir gouverneur général. La légende de Gordon Pacha est toujours bien vivace ! Il s'emploie alors activement à pourchasser sans merci les trafiquants d'esclave et d'ivoire allant jusqu'à organiser plusieurs opérations meurtrières. Les hommes du désert le surnomment "l'Ange de la Mort".

Il s'habille en Bédouin, monte un dromadaire et parcourt le désert à la recherches des caravanes à la tête d'une troupe fanatisée. Il s'est initié au Soufisme, parle et écrit l'Arabe classique, cite le Coran et ses hommes le nomment désormais "Gordon Pacha".

Les trafiquants sont exterminés, les esclaves libérés. La plupart d'entre eux le rejoignent et constituent alors sa "Garde Noire Soudanaise" (Soudanese Black Watch). Il promulgue une loi interdisant l'esclavage et le trafic d'esclaves sur tout le territoire.

Ce faisant il nuit évidemment très gravement aux intérêts divers tant des Britanniques que des Français et des Arabes particulièrement Egyptiens qui tirent de ces trafics de très nombreux avantages. Il est alors rappelé à Londres où il milite, évidemment, pour l'autonomie de l'Irlande et de l'Ecosse.

En 1883, Gordon est en Palestine, à Jérusalem, alors sous protectorat britannique. Son séjour en Chine et ses études de Feng Shui, l'incitent à rechercher l'emplacement exact du Golghota. Golghota, en Araméen et en Hébreu, signifie "crâne", et par extension "en forme de crâne" et la colline du Mont des Oliviers que l'on donne comme le lieu de la crucifixion n'évoque en rien ce terme particulier.

Pendant des jours, sinon des semaines, il parcourt à pied Jérusalem et ses environs, seul, vêtu comme un Palestinien, recherchant une colline en forme de crâne, il questionne les habitants. Un vieil homme lui indique qu'une tradition ancienne désigne un endroit particulier qui n'est pas une colline, mais une falaise comportant, de plus, plusieurs tombes considérées comme très anciennes et un jardin secret connu de quelques rares initiés. Un matin à l'aube, il se rend sur place et ses efforts sont récompensés puisque le crâne apparait avec ses trous orbiculaires et nasal, les mâchoires inférieures et supérieures. Il s'agit d'une falaise dominant Jérusalem et qui semble, en effet, un lieu propice aux crucifixions puisque particulièrement spectaculaire et sinistre. Sa force de conviction est telle qu'on décide alors d'y élever un calvaire, le "Calvaire de Gordon" (Gordon's Calvary). Calvaire provient du latin "calvaria", traduction de l'Hebreu Golgotha, qui signifie "crâne".

Entre temps est apparu au Soudan un nouveau prophète en la personne de Muhammad Ahmad Ibn Allah Al Mahdi qui prétend être le douzième Iman caché descendant l'Ali. Celui dont "La Main est guidée par Dieu", le Mahdi, veut instaurer un pouvoir intemporel imposant les loi islamiques les plus fondamentalistes ainsi que la Sharia, Loi Sainte, dans toute la région. Il a donc entrepris une guerre sainte contre tous les intérêts occidentaux et avait anéanti, en 1883, une expédition anglaise forte de 15000 hommes et commandée par le Général Hicks.

Gordon Pacha revient donc à Kartoum acclamé par la population. Kartoum est une plaque tournante du commerce dans toute la région du nord est de l'Afrique et en quelque sorte un passage obligé entre l'Afrique centrale et l'Afrique du nord. Ce commerce qui implique toutes les populations vivant dans la région s'accommode assez mal des principes d'un Islam fondamentaliste tel que le prône le Mahdi. Gordon, soutenu et pressé de toutes part, demande les pleins pouvoirs à Londres ainsi que l'envoi d'une force militaire conséquente.

Londres fait la sourde oreille et laisse comprendre à Gordon qu'il conviendra qu'il se débrouille avec les moyens du bord, c'est à dire une garnison locale composée de Soudanais. Gordon, suivant son habitude, ne se laisse pas démonter pour autant et recrute une milice locale à l'aide de sa fameuse "Garde Noire Soudanaise". Il entraîne ses troupes et entreprend plusieurs expéditions contre les groupes armés du Mahdi sans pouvoir, toutefois, obtenir de résultat décisif. Le 29 mars 1884 l'armée du Mahdi attaque Kartoum mais, malgré une supériorité numérique écrasante, subit de nombreuses pertes et est repoussée.

Gordon a utilisé, comme en Chine, sa science du terrain et une capacité stratégique défensive sans faille. La base de la statue de Gordon à Trafalgar Square : "Fortitude and Faith" Sa devise personnelle. Fortitude, comme disent les Anglais. C'est la force d'âme, le courage, la vertu qui permet de repousser les limites de la défense et d'envisager une contre attaque. Gordon en organise plusieurs, obligeant le Mahdi à se tenir, à son tour, sous la défensive.

Le siège durera alors 312 jours et le 26 janvier 1885 vers 15 heures, Gordon tombera, dans des circonstances encore méconnues. La fameuse colonne de secours n'arrivera jamais.

Il faudra attendre 1898 pour que Lord Kitchener délivre Kartoum des troupes Madhistes.

La mort de Gordon, abandonné par le pouvoir politique, provoquera un ras de marée en Angleterre, particulièrement dans les classes défavorisées de la société qui accusèrent le gouvernement de l'avoir laissé tomber, sinon de s'en être débarrassé, en raison de ses convictions politiques en leur faveur. Le gouvernement Balfour fut contraint de démissionner devant la levée des boucliers que provoqua le scandale de cette nouvelle désastreuse. Une souscription populaire eut lieu pour lui ériger plusieurs statues dont la plus connue est à Trafalgar Square, non loin de la Colonne Nelson, où il est représenté, droit et pensif, en tenue d'Officier, le pied posé sur un affût de canon détruit. Comme méditant sur la folie de la guerre. Sur le coté gauche du socle figure une allégorie avec deux femmes et sa devise personnelle préférée "Faith and Fortitude".

Son épitaphe, à la Cathédrale Saint Paul, fut rédigée par Lord Kitchener, qui reprendra Kartoum en 1898 : Le Mémorial de Charles George Gordon à la Cathédrale Saint Paul à Londres "Gordon est un Homme qui de tous temps et en tous lieux a donné sa force aux faibles, sa fortune au pauvres, sa sympathie à ceux qui souffrent et son coeur à Dieu". Lord Kitchener Lord Kitchener of Khartoum. Il reprendra Kartoum en 1898 et rendra un vibrant hommage à Gordon Pacha.

La base de la statue réalisée par Sir W. Thorneycroft RA (1850 1925) Elle est encore visible à Trafalgar Square Elle indique qu'il fut le Major General Commandant le Regiment des Royal Engineers, l'un des plus célèbres de l'Empire Britannique et qui existe toujours ! Tué à Khartoum 26 janvier 1885

Un film à grand spectacle lui sera consacré en 1966 : Kartoum, de Basil Dearden, avec Charlton Heston dans le rôle de Gordon et Lawrence Olivier dans le rôle du Mahdi.

La devise des Gordon "Do Well and let them say" - "Fais pour le Bien et laisse les dire" -