Jacob Boehme

SEX PUNCTA MYSTICA

Ou Une Courte Explication De Six Points Mystiques

TABLE DES MATIÈRES

Cette traduction est due au travail collectif des membres du Groupe Martiniste "Quatuor Coronati", Collège de New York, rattaché à l'Ordre Martiniste des Pays-Bas. Elle n'a d'autre but que de mettre à la disposition des étudiants de la théosophie classique l'un des textes rares du théosophe de Görlitz, dans un langage contemporain. Le webmaster n'a aucun liens avec le "Quatuor Coronati".

Relation

Le deuxième point :

De l'élection de la grâce.

Du bien et du mal.

1. Dieu seul, depuis l'éternité est tout.

Son essence se divise en trois distinctions éternelles.

La première est le monde-feu, la seconde est le monde des ténèbres, et la troisième est le monde-lumière.

Et pourtant, il n'y a qu'une seule essence, l'une dans l'autre; mais l'une n'est pas l'autre.

2. Les trois distinctions sont pareillement éternelles et sans limites, ni ne sont restreintes ni dans le temps ni dans l'espace.

Chaque distinction s'enferme en elle-même dans un être; et sa qualification est en accord avec sa propriété, et dans cette qualification réside aussi son désir, comme le centrum naturae (centre de la nature).

3. Et le désir est sa création, car le désir crée l'être où il n'y en avait point, et cela dans l'essence du désir, selon la propriété du désir.

Et l'ensemble n'est qu'une Magia, ou la faim pour l'état d'être.

4. Chaque forme crée un être dans son désir; et chaque forme se remplit du miroir de sa propre clarté, et a sa vision dans son propre miroir.

Sa vision est une ténèbre pour un autre mirroir, et sa forme est cachée pour un autre œil; mais dans la sensation, il y a une différence.

5. Car chaque forme dérive sa sensation de l'état originel des trois formes de la Nature, à savoir: l'aigre, l'amer et l'angoisse; et pourtant, dans ces trois formes, il n'y a aucune souffrance en soi, mais le feu y cause la douleur que la lumière transforme à nouveau en douceur.

6. La vraie vie est enracinée dans le feu; il y a un lien entre la lumière et les ténèbres.

Ce lien est le désir avec tout ce dont il se remplit; c'est pour cela que le désir appartient au feu, et que sa lumière brille de ce feu.

Cette lumière est la forme, pour la vue, de cette vie; et la substance introduite dans le désir est le bois à brûler dont le feu brûle, qu'il soit dur ou tendre; c'est aussi son royaume de paradis ou d'enfer.

7. La vie humaine est le lien entre la lumière et les ténèbres; elle brûlera dans celle à laquelle elle s'abandonnera.

Si elle s'abandonne au désir de l'essence, elle brûlera dans l'angoisse, dans le feu des ténèbres.

8. Mais si elle s'abandonne à un néant, elle sera sans désir et tombera dans le feu de la lumière; et ainsi brûlera sans douleur; car elle n'apporte à son feu aucun combustible qui pourrait alimenter un feu.

Comme il n'y a aucune douleur en elle, ni que la vie ne reçoit pas de souffrance, car elle (la vie) n'en contient aucune en elle-même; elle (la vie humaine) tombera dans la Magia première, qui est Dieu dans sa triade.

9. Lorsque naît la vie, celle-ci possède tous les trois mondes en elle.

Elle sera contenue dans le monde auquel elle s'unira et c'est de ce feu qu'elle brûlera.

10. Car, lorsque la vie s'enflamme, elle est attirée par tous les trois mondes; et ils se meuvent dans l'essence, comme dans le premier feu qui s'enflamme.

Quelle que soit l'essence que la vie, dans son désir, choisisse et reçoive; c'est de ce feu qu'elle brûlera.

11. Si la première essence dans laquelle la vie s'enflamme est bonne, alors le feu est aussi plaisant et bon.

Mais si celle-ci est mauvaise et obscure, qu'il consiste d'une propriété de violente furie, alors le feu sera aussi un feu-furie, et il aura un désir correspondant, se conformant à la propriété de ce feu.

12. Chaque imagination désire seulement une essence pareille à elle-même et de la nature dont elle naquit originellement.

13. Actuellement, la vie de l'homme est pareille à une roue dont bientôt le point le phus bas deviendra le point le plus haut.

Elle s'enflamme à chaque essence et se souille de chaque essence.

Mais elle se baigne dans le mouvement du cœur de Dieu, une eau de gentillesse; et de cet endroi, elle est capable d'introduire un état de substance dans son feu-vie.

L'élection de Dieu ne dépend pas de la première essence.

14. Car la première essence n'est que le Mysterium pour une vie; et la première vie ainsi que le feu dont elle s'enflamme, appartient au Mysterium dont elle a pris l'essence; que cette essence soit entièrement violente, ou une essence mixte, ou une essence de lumière en accord avec le monde-lumière.

15. La propriété dans laquelle la vie prend ascension est aussi celle dont brûlera sa lumière.

Cette vie n'a pas d'élection et aucun jugement ne sera porté sur elle; car elle tient de sa propre condition primitive, et porte son jugement en elle-même.

Elle se sépare de toute autre source (Qual); car elle ne brûle que de sa propre source, de son propre feu magique.

16. L'élection est en rapport avec ce qui est introduit, qui peut appartenir à la lumière, soit aux ténèbres.

Car selon que ce qui est introduit appartienne à une propriété ou à une autre, ainsi sera aussi la volonté de sa vie.

C'est ici que l'on peut savoir si elle est d'une nature de violente furie, ou d'une essence d'amour.

Aussi longtemps qu'elle brûle d'un seul feu, elle est abandonnée par l'autre; et l'élection du feu dans lequel elle brûle se transmet à la vie, par ce même feu aussi longtemps qu'elle reste dans ce feu.

17. Mais si la volonté de ce feu (comme le punctum volant) plonge dans un autre feu et s'y enflamme, elle pourra allumer de ce feu la vie entière, et pourra rester dans ce feu.

18. Alors la vie renaît, soit au monde des ténèbres ou à celui de la lumière, (selon le monde dans lequel la volonté s'est enflammée), et alors surgit une autre élection.

Et voila la raison pour laquelle Dieu tolère que l'homme enseigne, et il en est de même du diable.

Chacun d'eux désire que la vie plonge dans son propre feu et s'y allume d'elle-même.

Et ainsi l'un des mysterium saisit l'autre.